Perte d'audition des séniors : quelle prise en charge ?

En France, 65% des séniors plus de 65 ans sont concernés par des troubles de l’audition et des surdités. Ils rencontrent pour la plupart d’entre eux des difficultés de compréhension de la parole dans le bruit. En s’aggravant, cette « gêne » peut entraîner de réels problèmes de communication avec l’entourage et mener à l’isolement, voire à la dépression. Cette perte d’audition est-elle une fatalité ? Quelles sont aujourd’hui les solutions pour y faire face ? Faites le point sur vos droits !

Pourquoi nos capacités auditives diminuent-elles avec l’âge ?

La presbyacousie ou perte d’audition liée à l’âge est inévitable et irréversible. Elle s’explique notamment par la dégénérescence des cellules sensorielles de l’oreille et la perte de souplesse des osselets, entre autres facteurs.

La perte auditive annuelle est en moyenne de 0,5 décibel à partir de 65 ans, de 1 décibel à partir de 75 ans et de 2 décibels par an à partir de 85 ans.

Certains facteurs peuvent aggraver la perte d’audition liée à l’âge, comme l’exposition excessive au bruit, des infections virales ou la prise de médicaments (comme les antibiotiques à forte dose). Un sénior qui a travaillé toute sa vie dans un environnement bruyant, par exemple, est plus sujet à la presbyacousie.

Quelles conséquences sur la santé des séniors ?

Une étude menée par la Professeure Hélène Amieva, épidémiologiste à l'Unité INSERM, a démontré que la perte d’audition et la surdité chez les séniors entraînaient deux surrisques significatifs :

  • Une altération de l'autonomie au quotidien selon l'échelle de Katz ;
  • Le développement d’une démence dans une proportion légèrement plus élevée.

La perte d’audition a en effet un impact significatif sur la vie sociale du sénior concerné. L’isolement peut mener à une perte d’autonomie et un état dépressif plus favorables à une altération des fonctions cognitives. Elle induit aussi une diminution des stimulations rencontrées au quotidien, car la personne limite ses échanges, ses conversations physiques ou téléphoniques, ou encore ses écoutes d’émissions à la télévision ou à la radio.

Faire vérifier son audition et se faire appareiller est donc essentiel pour gagner en confort de vie et se prémunir contre des surrisques bien réels.

Quand faut-il faire vérifier son audition ?

L’Organisation mondiale de la Santé recommande une vérification de l’audition aux séniors qui :

  • demandent fréquemment à leur interlocuteur de répéter ce qu’il vient de dire;
  • augmentent le volume de votre téléviseur ou de la radio de façon excessive ;
  • décrochent régulièrement d’une conversation;
  • ont une sensation de tintement dans l’oreille (acouphène);
  • parlent trop fort selon leur entourage.

Si la perte de l’audition est définitive, des appareils existent pour compenser cette diminution de l’ouïe.

Où un sénior peut-il tester son audition ?

Dans le cadre du parcours de soins coordonnés, vous pouvez vous rendre en premier lieu chez votre médecin traitant. Il effectuera un premier dépistage auditif dans le but de déceler une éventuelle perte d’audition ou surdité. Il pourra ensuite vous orienter vers un médecin ORL (Oto-Rhino-Laryngologiste) pour des examens complémentaires.

L’examen audiométrique est l’examen de référence. L’audiométrie permet d’obtenir un audiogramme, qui dévoile une éventuelle perte d’audition pour les différentes fréquences sonores.

Dans le cadre de la Journée Nationale de l’Audition (JNA), les audioprothésistes peuvent aussi proposer des tests de dépistage à but non médical.

Comment fonctionne un appareil auditif ?

Un appareil auditif est normalement constitué des éléments suivants :

  • Un microphone, qui capte les sons ;
  • Un microprocesseur (amplificateur), qui traite le signal sonore reçu ;
  • Un écouteur (haut-parleur), qui restitue le signal directement dans le conduit auditif ;
  • Des éléments de contrôle (volume, programme d’écoute…).

Des fonctionnalités peuvent améliorer le confort et la qualité d’écoute des séniors équipés : anti-larsen pour protéger des sifflements parasites, système de réduction des bruits gênants, analyse de l’environnement à 360°, etc.

Ces appareils sont alimentés par des piles ou par une batterie rechargeable en fonction des modèles.

Quels sont les types de prothèses disponibles ?

Les professionnels en audiologie proposent trois grands types d’appareils auditifs :

  • Les contours traditionnels, composés d’une coque placée derrière l’oreille (qui accueille le micro), et d’un embout auriculaire placé dans le conduit auditif ;
  • Les mini-contours, composés aussi d’un contour d’oreille, mais avec un microphone placé directement dans le conduit auditif ;
  • Les intra-auriculaires se glissent entièrement dans le conduit auditif pour assurer une discrétion totale et un plus grand confort.

Peut-on bénéficier d’un appareil auditif sans reste à charge ?

De nombreux séniors disposent de ressources limitées, et étaient amenés à renoncer à un appareillage lié à leurs problèmes d’audition pour des raisons financières. Ils peuvent aujourd’hui être appareillés sans reste à charge.

Les titulaires d’un contrat de complémentaire santé responsable ou les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) peuvent en effet bénéficier du dispositif de remboursement intégral dans le cadre de la réforme 100% santé, entrée en vigueur le 1er janvier 2021.

Les professionnels doivent dorénavant proposer deux catégories d’équipements à leurs clients :

  • Catégorie I : des équipements 100 % Santé audiologie, remboursés intégralement dans le cadre de la réforme 100% Santé ;
  • Catégorie II : des équipements à prix libres, qui peuvent se traduire par un reste à charge pour l’assuré.

Le professionnel qui établit un devis avec un équipement de catégorie II doit systématiquement proposer en même temps une alternative avec un équipement en catégorie I. Les devis sont normalisés pour une plus grande lisibilité.

Quelles sont les caractéristiques des équipements reste à charge ?

Ces appareils répondent à un cahier des charges strict, et sont adaptés aux besoins des séniors :

  • Tous les types d’appareils sont concernés ;
  • Ils doivent être équipés de 12 canaux de réglage ou d’un dispositif équivalent, et d’un système d’amplification des sons extérieurs avec une restitution d’au moins 30 dB ;
  • Ils doivent proposer au moins 3 options parmi une liste de 8 fonctionnalités (comprenant système anti-acouphène, réduction du bruit du vent, dispositif anti-réverbération, apprentissage de sonie, etc.).

Leurs prix sont plafonnés, et ils sont pris en charge à 100% à compter de 2021 dans le cadre des contrats responsables ou de la complémentaire santé solidaire.

En tant que sénior, comment bénéficier de ces aides à l’audition ?

Vous devez vous assurer tout d’abord de disposer d’une couverture complémentaire santé qui propose une prise en charge à 100%, en vous rapprochant de votre mutuelle ou de votre compagnie d’assurance. Il peut s’agir :

  • D’un contrat responsable, avec une prise en charge intégrale des équipements en catégorie I ;
  • D’un contrat non responsable, dont la garantie audiologie prévoit un plafond de remboursement supérieur aux tarifs plafonnés des équipements en catégorie I.

Votre complémentaire santé ne vous permet pas de bénéficier du panier de soins 100% Santé, et n’offre pas une garantie audiologie suffisante ? Vous pouvez vous orienter vers un autre contrat, plus adapté à vos besoins. Faites le point avec une conseillère ou un conseiller AÉSIO Mutuelle !

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